Le trilemme migratoire dans les pays développés : entre efficacité économique, cohésion sociale et contraintes démocratiques
Mots-clés:
trilemme, immigration, tension, ouverture, démocratie, souveraineté, pays développésRésumé
Dans un contexte de vieillissement démographique et de contraction de la population active dans les pays développés, l’immigration apparaît comme un levier pour soutenir l’activité économique et compenser les déséquilibres des systèmes de protection sociale. Toutefois, son expansion suscite des tensions croissantes entre élites et citoyens, ou entre natifs et immigrés, alimentées par des perceptions socioculturelles et politiques parfois à rebours des effets économiques mesurés. En adaptant au champ migratoire le « trilemme de l’économie mondiale » de Dani Rodrik et à partir d’une analyse comparative entre l’Union européenne, les pays du Golfe et l’Amérique du Nord, l’article met en évidence qu’il est impossible pour les décideurs publics de concilier simultanément une forte ouverture migratoire, une pleine souveraineté nationale et une gouvernance démocratique des politiques migratoires. Les choix politiques ne peuvent combiner que deux de ces dimensions à la fois. Ces arbitrages, longtemps considérés comme structurels et exogènes, tendent désormais à devenir endogènes, sous l’effet des transformations politiques et sociales à l’œuvre dans les pays développés. Ce cadre analytique éclaire ainsi les raisons pour lesquelles certaines politiques migratoires, bien que cohérentes sur le plan économique, rencontre un rejet social et politique croissant, et invite à repenser la gouvernance migratoire dans une perspective plus intégrée, articulant contraintes structurelles et dynamiques sociétales.
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