Les soft skills comme artefacts conjoncturels de reconnaissance : Pour un modèle de la reconnaissance-conversion

Auteurs

  • Hind TAHIRI Université Chouaib Doukkali d’El Jadida
  • Abdelhakim QACHAR Université Chouaib Doukkali d’El Jadida

Mots-clés:

Soft skills, capabilités, reconnaissance, objets-frontières, employabilité, conversion

Résumé

Cet article propose une relecture théorique des soft skills dans des contextes marqués par l’instabilité conceptuelle, la prolifération des référentiels et la persistance des inégalités d’accès au marché du travail. La recherche contemporaine oppose deux orientations qui dialoguent peu : l’approche fonctionnaliste, héritière du capital humain et de la théorie du signal, qui réifie les soft skills en attributs individuels stables ; et l’approche critique, qui les analyse comme un dispositif de subjectivation responsabilisant les individus face au chômage.

À partir d’une démarche conceptuelle exploratoire fondée sur une revue exploratoire et critique de la littérature, l’étude articule trois traditions jusqu’ici déployées séparément : l’approche par les capabilités (Sen, Nussbaum), la théorie de la reconnaissance (Honneth) et la sociologie des objets-frontières (Star et Griesemer). Les soft skills y sont reconceptualisées comme des artefacts conjoncturels dont l’efficacité dépend de trois conditions successives de reconnaissance : épistémique, institutionnelle et relationnelle.

L’article propose un modèle de la reconnaissance-conversion, assorti de cinq propositions, qui plaide pour le passage d’une politique des compétences à une politique de la reconnaissance.

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Publiée

2026-06-15